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Alain Le Dizès        

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3 novembre 2009 2 03 /11 /novembre /2009 13:43

Cette semaine s’ouvre donc le grand « débat » public sur l’identité nationale, débat initié par le chantre du « Allonz’enfants » et du « Fier d’être --», l’inénarrable Eric Besson. Par delà la manipulation politicarde motivant une telle initiative, le caractère sulfureux du personnage qui la porte et la revendique, on est en droit de s’interroger ici sur la méthode et la finalité de cette action.

Si je me réfère à mon bon vieux Robert, le terme même de « débat » n’est pas neutre et nous renvoie au sens de controverse, de querelle. Pour Sarkozy et Besson, notre identité serait donc au cœur d’une polémique vraie, sournoise. On la menacerait pour tout dire. D’où l’appel à la mobilisation générale. Il nous faut reconstruire notre socle identitaire ! On a déjà trop attendu comme ça. L’ennemi anti-français travaille, sans bruit. La crise s’installe ? Le chômage explose ? Des noix. L’urgence est ailleurs qu’on nous dit.

Jusqu’ici, je croyais vivre mon identité de façon plutôt paisible. Mais Besson a insinué en moi un gros doute. Ni fier ni honteux d’être Français-et pourquoi en incriminer ou en louer le sort ?-, je me sentais avant tout appartenir à la communauté des Hommes. Ma vie est à l’image de toutes les vies, me disais-je, et cela indépendamment de l’époque et de la géographie. Je nais, je ris, je pleure, je meurs. Or, chez moi, cette évidence n’était pas creuse. Elle m’autorisait la compassion pour autrui. Bien plus, elle m’engageait. Et c’était ce même sentiment qui, à l’occasion, m’amenait à me révolter contre l’expulsion d’Afghans à Lesquin ou à lutter contre toute cette casse sociale accélérée précisément sous Sarkozy. Mais là, j’ai maintenant l’impression que je déconnais.

Je n’avais pas non plus compris ce que signifiait « mondialisation » dans la bouche de Sarkozy et Besson. Avant, je l’entendais comme la justification quasi incantatoire et imbécile à un individualisme décomplexé, au démantèlement du service public, à l’instauration improductive et injuste du bouclier fiscal. Adieu la France de papa. La rupture érigée en programme politique. « Enfer ou ciel qu’importe, au fond de l’inconnu pourvu qu’il y ait du nouveau ! » Mais là, avec ce bon vieux débat sur l’identité nationale, c’est Maurras qu’on ressuscite. Un vrai pied de nez au temps qui passe. Or, comment faire quand, tout autour de nous, les peuples s’ouvrent et semblent s’arranger avec des identités de plus en plus acculturées ? Perplexités. Et à regarder de plus près, je vois une société française en constante mutation avec ses couples mixtes, sa fringale d’internet et ses envies de restau chinois ou marocain. A quoi bon alors figer l’identité française dans ce corps étriqué fait d’agitations de drapeaux bleu-blanc-rouge et de poussives Marseillaises a cappella ?

Enfin, Besson me demande de penser ma francité. C’est un peu si on demandait au marcheur de conceptualiser sa marche. A peine se met-il à l’analyser qu’il s’emmêle les guibolles et finit par tomber. De la même manière, une identité ne se décrète pas. Elle se vit et s’éprouve dans les valeurs de la République : Liberté-Egalité-Fraternité et laïcité pour tous. Personnellement, je ne sais pas si Sarkozy et consorts s’y retrouvent toujours.

 

Alain Le Dizès



Charles Baudelaire, Les Fleurs du Mal, Le Voyage

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Published by La Section Socialiste de Wazemmes - dans Politique nationale
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